Au final 1

La lo­cu­tion au fi­nal, condam­née par l’Académie ou pré­sen­tée comme fa­mi­lière, est de plus en plus ré­pan­due et s’apparente par­fois da­van­tage à un tic de lan­gage qu’à une vé­ri­table in­ten­tion de conclu­sion. On la trouve ce­pen­dant dans plu­sieurs dic­tion­naires ré­cents, où elle a réussi à s’imposer, ce qui, se­lon cer­tains, suf­fit à la lé­gi­ti­mer.

For­mée par ana­lo­gie avec des lo­cu­tions telles que au to­tal et au dé­part (toutes deux com­po­sées d’un nom : to­tal et dé­part), la construc­tion au fi­nal est consi­dé­rée comme fau­tive, car on lui re­proche de faire de fi­nal un sub­stan­tif, alors qu’il n’est au dé­part qu’un ad­jec­tif (comme dans point fi­nal).

Son ac­cep­tion en tant que nom com­mun existe bel et bien, mais dans un tout autre contexte : le fi­nal, ou le fi­nale (dé­rivé de l’italien), dé­signe la der­nière par­tie d’une œuvre mu­si­cale. Il fait fi­nals (ou fi­nales) au plu­riel. Si l’idée de fin est bien pré­sente, il pa­raît clair que ce n’est pas le sens ar­tis­tique qui est ici re­cher­ché et que ce­lui-ci n’est pro­ba­ble­ment pour rien dans le sens de la lo­cu­tion in­cri­mi­née.

In­cor­rect, donc, mais tout de même lexi­ca­lisé, au fi­nal a l’avantage de s’intercaler dans le dis­cours sans pour au­tant y mettre fin, contrai­re­ment à l’adverbe fi­na­le­ment ou à d’autres sub­sti­tuts au­to­ri­sés (voir ci-des­sous), dont le ca­rac­tère conclu­sif est plus mar­qué. Dans la langue soi­gnée, on l’évitera ce­pen­dant.

Les pu­ristes em­ploie­ront donc de pré­fé­rence, se­lon le contexte : fi­na­le­ment, à la fin, pour fi­nir, in fine, en fin de compte, au bout du compte, tout compte fait, en der­nier lieu, somme toute, en dé­fi­ni­tive, à l’arrivée…

 

One comment on “Au final

  1. Curtis Jan 13,2017 16:33

    Mon frère, resté trop long­temps en Ita­lie, dit même “A la fi­nale”, tra­duc­tion auto-in­duite par lui-même du “Al fi­nale” ita­lien, cor­res­pon­dant, en dé­fi­ni­tive, à ce fa­meux “Au fi­nal”.

    Mais bon, il met des “A la” par­tout, même quand il va “à la douche” (al doc­cia) voire même “faire la douche” (fare la doc­cia) (pour “se dou­cher”).

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