Maline / Maligne

Ma­lin, qui peut être ad­jec­tif ou sub­stan­tif, pos­sède deux sens dif­fé­rents : ma­lé­fique, mau­vais, trom­peur (on parle d’« es­prit ma­lin », de « ma­lin plai­sir ») ; et rusé, fin, as­tu­cieux (« ma­lin comme un singe », « faire le malin »).

Il a pour seul fé­mi­nin ma­ligne (comme bé­nin fait bé­nigne). Ce­pen­dant, le lan­gage po­pu­laire a pro­duit la forme er­ro­née ma­line, em­ployée uni­que­ment dans le sens de « fu­tée », « in­gé­nieuse », tan­dis que la forme cor­recte ma­ligne, en plus de re­cou­vrir aussi cette pre­mière dé­fi­ni­tion, est conser­vée dans son sens pé­jo­ra­tif (on parle de « tu­meur ma­ligne »). Cette dis­tinc­tion, bien qu’on la ren­contre fré­quem­ment, est condam­née par les gram­mai­riens, qui re­com­mandent l’emploi de ma­ligne dans toutes les si­tua­tions, en par­ti­cu­lier à l’écrit.

Ma­lin vient du la­tin ma­li­gnus (« de na­ture mau­vaise », « mé­chant »). Au XIIe siècle, la forme ma­ligne était com­mune aux deux genres, comme l’est « digne » au­jourd’­hui (ad­jec­tif épi­cène issu de di­gnus). Elle s’est trans­for­mée au XVe siècle en ma­lin (au mas­cu­lin) et ma­line (au fé­mi­nin), et ce der­nier terme s’est fi­na­le­ment vu rem­placé par ma­ligne, plus proche de l’é­ty­mon la­tin. Le couple ma­lin / ma­ligne était dès lors formé.

Le Ma­lin, avec une ma­jus­cule, dé­signe en outre le diable.