Sans dessus dessous / Sens dessus dessous 3

L’or­tho­graphe de cette lo­cu­tion est sou­vent un pro­blème pour qui l’emploie. Au­jourd’­hui, seule est consi­dé­rée comme juste sens des­sus des­sous, qui si­gni­fie lit­té­ra­le­ment que le des­sus de tel ob­jet se re­trouve en des­sous, et le des­sous en des­sus. L’ob­jet en ques­tion est donc à l’en­vers.

Par ex­ten­sion, lors­qu’on dit par exemple qu’une mai­son est sens des­sus des­sous, cela si­gni­fie qu’il y règne un grand désordre. Il n’est plus ques­tion de « des­sus » ni de « des­sous » au sens propre – la mai­son n’est pas po­sée sur son toit –, mais de l’i­mage qu’un tel ren­ver­se­ment évoque : une pa­gaille, un chaos.

Au sens fi­guré, cette lo­cu­tion peut s’ap­pli­quer à des per­sonnes afin d’ex­pri­mer un état de trouble ou de confu­sion.

L’or­tho­graphe ini­tiale, au­jourd’­hui in­usi­tée, était ce des­sus des­sous, puis c’en des­sus des­sous, voire cen des­sus des­sous, au sens où ce qui doit être « en des­sus » est « en des­sous ». La pro­non­cia­tion de c’en a sub­sisté dans la lo­cu­tion plus ré­cente que nous connais­sons, la­quelle rend muet le « s » fi­nal de sens.

L’or­tho­graphe sans des­sus des­sous, bien qu’elle soit consi­dé­rée comme fau­tive, trouve quelques dé­fen­seurs qui es­timent qu’elle évoque da­van­tage en­core l’i­dée de désordre ou de confu­sion, du fait qu’elle sup­prime ab­so­lu­ment tout re­père. Il ne s’a­git plus ici d’in­ver­ser le des­sus et le des­sous, car le bou­le­ver­se­ment évo­qué est tel que même ces deux re­pères n’existent plus. Si l’ar­gu­ment se tient, c’est bien l’or­tho­graphe sens des­sus des­sous qui est cor­recte, tout comme l’est celle de sens de­vant der­rière, où le « s » fi­nal de sens ne se pro­nonce pas non plus.

 

3 thoughts on “Sans dessus dessous / Sens dessus dessous

  1. Kalpas Juin 19,2013 18:09

    Sang d’eux sue des­sous” si­gni­fie­rait-il que les vic­times dont le sang dé­gou­line ont été ac­cro­chées au pla­fond ? Sur­tout que deux sous, c’est pas chair… ni cher d’ailleurs.
    Ami­ca­le­ment,
    Un ami de Gab, fou de mots.

  2. Douvry jean-claude Fév 25,2017 20:25

    Le ro­man de Jules Verne très rare dans l’é­di­tion po­ly­chrome a pour titre “Sans des­sus des­sous”

  3. Denis Gerard Mar 1,2017 21:46

    Pro­blème: dans la pro­non­cia­tion de l’ex­pres­sion, on pro­nonce bien “sans” (S ter­mi­nal muet) et non “senS” (S ter­mi­nal so­nore)

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