Deuxième / Second

Bien que ces deux termes soient de stricts équi­va­lents, l’usage a in­tro­duit une nuance qu’aucun fon­de­ment éty­mo­lo­gique ce­pen­dant ne vient étayer. Deuxième et se­cond de­vraient s’employer in­dif­fé­rem­ment dans le sens de « qui vient im­mé­dia­te­ment après le pre­mier », or on les dis­tingue aujourd’hui pour si­gni­fier im­pli­ci­te­ment qu’il existe ou non une suite à l’énumération.

Ainsi, deuxième s’emploie lorsqu’il y a plus de deux élé­ments, et se­cond lorsqu’il n’y en a que deux.

Dans la langue sur­veillée, il est conseillé de res­pec­ter cette dis­tinc­tion, qui in­tro­duit un brin d’élégance et charge le terme d’une in­for­ma­tion sup­plé­men­taire sans qu’il soit be­soin de la for­mu­ler ex­pli­ci­te­ment. Par exemple, si l’on parle du se­cond fils d’un homme, on sous-en­tend que ce­lui-ci n’en a que deux, mais si l’on parle de son deuxième fils, alors on sous-en­tend qu’il en a au moins trois.

Pour les mêmes rai­sons et par souci d’optimisme, on parle gé­né­ra­le­ment de la Se­conde Guerre mon­diale.

Dans les cas où il est ques­tion de « moi­tié » (d’une vie, d’un tra­jet, d’une ba­guette de pain…), tou­jours sui­vant cette dis­tinc­tion, il ne peut y avoir qu’une se­conde moi­tié, car deux moi­tiés suf­fisent à for­mer un tout. On ne par­lera donc pas de la deuxième moi­tié du XXe siècle, mais de la se­conde. En re­vanche, on peut par­ler de la deuxième par­tie du XXe siècle, car ce der­nier peut com­por­ter un nombre in­fini de par­ties.

Il existe tou­te­fois de nom­breuses ex­cep­tions qui viennent trans­gres­ser cette « règle » ar­bi­traire, ins­tau­rée sans doute par com­mo­dité : dans le sys­tème sco­laire, on passe de la troi­sième à la se­conde, alors que suivent une pre­mière et une ter­mi­nale. De même, lorsqu’on est au vo­lant d’une voi­ture, on passe gé­né­ra­le­ment la se­conde avant de pas­ser la troi­sième (bien que deuxième soit éga­le­ment pos­sible, mais plus rare). Dans le train, on peut voya­ger en se­conde classe ou en deuxième classe, mais tou­jours en se­conde, qu’il existe ou non une troi­sième classe.

L’Académie fran­çaise pré­cise que cette dis­tinc­tion n’est pas obli­ga­toire.